Quand le XV de France lave l’honneur templier…

par | mardi 14 mars 2023 | Actu / Inactu

Triomphe de l’équipe de France de rugby, ce Samedi 11 Mars, qui dévaste l’équipe d’Angleterre à Twickenham : 53-10, sept essais à un et une démonstration quasi parfaite du début à la fin. Historique : jamais la France n’avait infligé une telle raclée aux Anglais (a fortiori chez eux), qui n’avaient, quant à eux, jamais pris une telle rouste à domicile, dans leur fameux antre de Twickenham — stade réputé en particulier parce que les chants et les clameurs de la foule s’y entendent plus que dans n’importe quel autre stade du monde — qui est sans doute la plus célèbre et la plus grandiose enceinte du rugby international (et l’une des plus grandes et belles enceintes du sport mondial, avec sans doute le Maracana de Rio de Janeiro et le Nou Camp de Barcelone). D’ailleurs le public a très tôt commencé à chanter : dès la première minute de jeu s’éleva le cultissime Swing Low Sweet Chariot, alors que les Français, sur un ballon de récupération, lançaient une première attaque plein champ, menée de main de maître par Ollivon, Flament et Dumortier, Ramos concluant en bout de ligne un essai de 60 m sur la première action du match, à… 1:44. Le festival était lancé, le XV de France s’avérant magistral d’un bout à l’autre dans tous les compartiments du jeu (la touche, la mêlée, le jeu au sol, l’attaque, la défense, le jeu au pied, la justesse et la précision du geste, la lecture et l’intelligence du jeu…). Un récital, une leçon, « un chef-d’œuvre » (comme l’ont dit moult observateurs) : un jour nouveau se lève sur la planète rugby, car désormais, et pour la première fois dans l’histoire du rugby, « les Français n’ont plus peur de personne et tout le monde a peur des Français » (comme le constate l’un des animateurs de l’émission « Troisième mi-temps » sur la chaîne du Midi Olympique). Moralité ? Quand la France assume son histoire et son identité, elle n’a rien ni personne à craindre — à part peut-être que le ciel ne lui tombe sur la tête.

C’est que le Crunch, le choc annuel entre Froggies et Rosbifs, c’est du sérieux : plus qu’un match ou qu’une banale et enfantine partie de ballon, une commémoration qui mobilise les ancêtres aussi bien que les héros du patrimoine national. La rivalité France-Angleterre dans le rugby résume et illustre à merveille la grande épopée luciférienne de la modernité qui s’est cristallisée quelques siècles durant dans la lutte à mort pour la domination européenne puis mondiale que se sont livrée les Français et les Anglais, course héroïque, tragique, haletante et trépidante qui s’est achevée, d’une part, sur la victoire apparente des Anglo-saxons (avec la défaite et la chute de Napoléon puis l’impérialisme militaro-marchand et le règne planétaire et totalitaire d’un capitalisme et d’un libéralisme qui sont quand même assez typiquement anglo-saxons) et sur, d’autre part, le triomphe réel des Français, puisque malgré tout, ce sont la Révolution française et la République (la vraie : celle du 24 Juin 1793) qui ont donné jusqu’au bout sa seule et unique légitimité possible à l’agressivité dictatoriale de l’Otan, dont les guerres terroristes ont toutes été faites au nom des droits de l’homme, et que les droits de l’homme, au fond et en vérité, c’est chez Rousseau, Saint-Just et Robespierre que cela se passe, avant que la bourgeoisie libérale et mondialiste ne s’en empare pour justifier et légitimer sa domination, en empêchant leur application effective (et là-dessus je me bornerai à renvoyer à la magistrale et définitive mise au point de Florence Gauthier : Triomphe et Mort de la Révolution des Droits de l’Homme et du Citoyen. 1789-1795-1802, Syllepses, 2014).

L’excellent ouvrage de Florence Gauthier remet les pendules à l’heure sur ce qu’a vraiment été la Révolution française. A lire en complément d’Henri Guillemin, dont elle étend et approfondit l’approche en termes de philosophie juridique.

Bref : en rugby plus qu’ailleurs, la proverbiale mauvaise foi de la « perfide Albion » se vérifie jusque dans la prétention anglaise d’avoir inventé ce jeu au XIXe siècle, alors qu’il existait déjà en France, ou plutôt en Occitanie, ainsi qu’ailleurs en Europe (et jusqu’en Géorgie), depuis le Moyen Âge, sous le nom de soule, où il se jouait entre les habitants d’un village et les habitants d’un autre village, avec une panse de cochon en guise de ballon (ce qui ne manque pas de renvoyer à l’image d’Épinal de la baston de fin de soirée dans les albums d’Astérix).
Dans une lecture primaire, il y a ici une belle illustration de la tendance française à nous laisser spolier par des voisins jaloux et moins doués que nous mais plus ambitieux et plus hargneux que nous (voire carrément fourbes et sans foi ni loi). Mais non sans bénéfice néanmoins car, en seconde lecture et au-delà de la galéjade, si les Anglais n’ont certes pas inventé le rugby, ils n’en ont pas moins formalisé les règles et la pratique de manière à répandre ce jeu et le faire aimer aux quatre coins du monde. Ce passage de la soule médiévale au rugby moderne équivaut ainsi en quelque sorte au passage de la culture à la civilisation, de la communauté à la société, et de la patrie à la nation, — quelque chose comme l’affinage d’une matière brute. D’autant que, par ailleurs, la rivalité rugbystique Angleterre-France offre un excellent exemple également de la relation de fascination-répulsion que les Anglo-saxons éprouvent pour la France et les Français, avec d’une part le French bashing et de l’autre, leur admiration éperdue pour ce qu’ils appellent le French flair et le rugby champagne — une admiration teintée de perplexité mais qui n’est jamais, chez les Anglais, qu’une sorte d’éblouissement face au feu du génie celte qu’ils ont toujours combattu et refoulé chez leurs voisins gallois, écossais et irlandais, depuis que les Saxons ont envahi la Grande-Bretagne : ce qu’ils reconnaissent et saluent dans le French flair, c’est l’âme celtique que les Anglo-saxons n’ont cessé de combattre et d’opprimer. (Et quand ils reconnaissent la fierté, la combativité, la pugnacité celtiques, à travers le fighting spirit irlandais, il y manque cependant la dimension de créativité, d’inventivité, d’ingéniosité qui est au cœur du French flair, que l’on pourra dès lors aussi bien considérer comme le Celtic flair.)
C’est donc aussi, du même coup, une belle illustration de la vérité ou de la spécificité que la France a toujours incarnée (ou qu’elle a plus ou moins été connue ou reconnue pour incarner), c’est-à-dire une éthique et un style — que partage évidemment l’humanité tout entière mais qui se sont exprimés, dans les siècles précédents, chez les Français, non pas davantage que chez d’autres peuples (ce qui ne voudrait rien dire) mais à des moments historiquement remarquables (décisifs et mémorables pour toute l’histoire de l’Occident) — que rien ni personne ne pouvait nous ravir, sinon faire semblant de se les arroger ou tenter de nous les faire oublier (« antiracisme » d’État, « wokisme » et « cancel culture » d’origine là encore typiquement libérale et anglo-saxonne), éthique et style qui s’expriment concrètement (c’est-à-dire sur le terrain) dans cette capacité à renverser les montagnes et à redresser les pires situations par une souveraine et invincible intrépidité, une audace et une inspiration venues d’ailleurs, fulgurantes et transcendantes (la baraka : la grâce, ni plus ni moins), ce qui est donc une vertu éminemment gauloise, c’est-à-dire celtique (du moins d’après la manière dont l’âme et la personnalité celtiques ont pu nous être restituées par les auteurs grecs et latins qui fréquentèrent les Celtes dans l’Antiquité).
En outre, et de manière connexe, à simple titre sociologique, l’équipe de France de rugby incarne le « pays réel », celui du terroir et des villages, par opposition au « pays légal », celui des villes mondialisées, modèle « métissé » et acculturé poursuivi par les gouvernements et leurs larbins médiatiques, et incarné celui-là par l’équipe de France de football, qui a servi d’outil de propagande à travers le slogan « black-blanc-beur », tandis que le XV de France, lui, persiste avec une impavide et sereine placidité à refléter simplement la réalité d’une France à majorité blanche et qui, en toute vraisemblance et sans vouloir vexer personne (ni faire de peine à BHL ou Jacques Attali), semble bien avoir l’intention de le rester. (D’autant que le rugby français n’a aucune leçon de « progressisme » et d’ « humanisme » à recevoir, dans la mesure où c’est un rugbyman français, Roger Bourgarel, qui fut le premier sportif noir à participer à une compétition officielle en Afrique du Sud en régime d’apartheid, sans oublier non plus que la grande figure internationale du rugby français pendant une dizaine d’années fut le métis sud-américain Serge Blanco.) Ainsi les vedettes du football ont-elles pu avoir tendance à cultiver l’image de la racaille de banlieue qui a su réaliser le « rêve américain » dans la veine à la fois vulgaire et maffieuse illustrée par le règne du « bling-bling » à la Sarkozy, tandis que les vedettes du rugby, dans une constante indifférence à leur couleur de peau, se bornent encore et toujours à honorer les valeurs purement sociales du rugby, qui forment quant à elles un véritable condensé de la common decency et de l’ « anarchisme tory » à la George Orwell (bien résumés par Jean-Claude Michéa) : l’entraide, la solidarité, l’abnégation, le don de soi, l’amour du maillot et la fierté de défendre les couleurs du club et du pays, le respect des anciens et de l’adversaire, le fair play, l’amour du panache et du beau geste. Il n’y a qu’à voir, enfin, la différence entre la façon dont les footballeurs célèbrent un but et celle dont les rugbymen célèbrent un essai : cela dit tout. De même, là où les supporteurs de foot sont réputés pour se foutre sur la gueule à la fin du match, les supporteurs de rugby sont réputés pour faire la fête ensemble après le match : c’est certes un cliché, un stéréotype qui n’a aucune portée générale, mais qui n’en repose pas moins sur une réelle différence de culture et de mentalité. Et de même qu’à l’inverse, l’esprit de terroir et de clocher peut-il aussi bien dégénérer dans le chauvinisme et le clanisme les plus sclérosants, bêtes et méchants, comme l’a montré le stupide refus de la Fédération française de rugby de sélectionner Thomas Castaignède en équipe nationale parce qu’il avait choisi de jouer dans un club anglais, spoliant ainsi la carrière d’un grand joueur et privant l’équipe de France d’un demi d’ouverture qui était l’un des meilleurs du monde à son époque.

Ainsi n’aurai-je pas à trop à me forcer pour voir et entendre le jubilatoire succès de ce Samedi 11 Mars jaillir et retentir comme un coup de tonnerre patriotique dans le ciel mondialiste, car il claque en pleine débandade militaire et stratégique de l’Otan face à la Russie (et à l’heure où les Américains s’apprêtent à lâcher les Ukrainiens). Triompher de l’Angleterre et la terrasser à domicile en lui passant cinquante pions, avec l’art et la manière qui plus est : ce fut là comme un feu d’artifice révolutionnaire et républicain au cœur de la capitale de l’ancienne monarchie impérialiste et de l’actuelle finance mondialiste, désormais moribonde (ce samedi les banques faisaient faillite au rythme où les Français plantaient leurs essais) — la revanche des sans-culotte et des grognards sur les tyrans et la City (c’est-à-dire aussi bien la revanche de Jeanne d’Arc et des Templiers sur leurs assassins respectifs) — et cela me paraît donc, au bout du compte, en totale adéquation à la victoire de Vladimir Poutine, de Donald Trump et des Gilets-Jaunes sur l’Otan, Soros et Rothschild, entérinant avec éclat et brio le terme d’une époque et le début d’une autre.

En veut-on encore un signe ?

D’accord.

Voici un ultime argument, dont je viens seulement à l’instant de m’aviser : ce 11 Mars est le 709e anniversaire de l’exécution de Jacques de Molay, brûlé vif (après des années de torture) par le roi de France Philippe IV le Bel, le 11 Mars 1314.

Vous avez dit « revanche templière » ?

Une dernière petite coïncidence, pour la route ?

C’est le 11 Mars 1882 qu’Ernest Renan a prononcé en Sorbonne sa fameuse conférence « Qu’est-ce qu’une nation ? ». Il dira plus tard : « Ce qui constitue une nation, c’est d’avoir fait de grandes choses en commun dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir ».

Voilà du moins ce qu’a bien montré le XV de France.

N’est-ce pas aussi ce qu’ont montré, ces dernières années, les Gilets-Jaunes ?

Addendum. — Quelqu’un me fait remarquer, à peine ce texte publié, que l’accident (ou plutôt l’attentat) nucléaire de Fukushima, en 2011, ainsi que le lancement officiel du covid-show planétaire, en 2020 (quand l’OMS a décrété la « pandémie »), ont eu lieu le 11 Mars également. Qu’est-ce à dire ? C’est comme d’habitude : en termes de stratégie occulte et de magie noire politique, si j’ose dire, le fait d’utiliser une date particulière pour frapper, cela consiste à se brancher, pour s’en nourrir (et l’on peut parler à cet égard de vampirisme énergétique), à la force qu’elle recèle en raison des événements qui s’y sont joués dans le passé. Et il me paraît logique et cohérent par ailleurs que ceux qui ont fait Fukushima et le covid fassent partie de la même fine équipe que celle qui a abattu l’ordre du Temple (et qui, dans les mêmes années, avait aussi éliminé l’empereur Henri de Luxembourg). Et de plus, comment la maffia mondialiste, aussi compétente et affûtée soit-elle en termes d’occultisme, de psyops et de magie noire, serait-elle capable d’inspirer un tel état d’esprit aux rugbymen de samedi ? J’ai tendance à attribuer ce genre d’inspiration à de bien plus hautes instances que celles qui assassinent les gens à coups de piqûre.