Lundi 1er janvier 2024

par | vendredi 12 janvier 2024 | Chroniques de l'Apocalypse, Journal 2024

Minuit vingt-quatre : j’ouvre ce journal en musique, avec un verre d’excellente blanquette de Limoux (nature : sans sulfite) et un petit pétard (à la menthe séchée au lieu du tabac, car je viens d’arrêter le tabac il y a un mois). La musique ? L’excellent concert « Traversées » de l’ensemble Constantinople : Ablaye Cissoko à la kora, Kiya Tabassian au sétar (kora et sétar sont deux instruments traditionnels à cordes) et Patrick Graham aux percussions. Un Malien, un Arménien (tous deux francophones) et un Occidental (Canadien anglophone) : une trinité bien significative et illustrative de notre actuelle transition cyclique.

Il y a d’abord l’Afrique, terre martyre du colonialisme moderne dont elle est en train de s’extraire (l’armée française vient d’être virée du Niger et quatre agents de la DGSE viennent d’être emprisonnés au Burkina Faso, alors que les Russes et les Chinois investissent à fond en Afrique) ; il y a ensuite l’Arménie, pays martyr également, qui fait le lien de l’Occident à l’Orient et de l’Europe à l’Iran (à Ispahan il y a tout un quartier chrétien peuplé d’Arméniens, et l’Arménie fut le premier État chrétien du monde, ce qui suffit à expliquer l’acharnement qu’il a subi des forces sataniques sur Terre) ; et enfin l’impérialisme marchand, colonial et maritime anglo-saxon, le mondialisme unificateur anglophone qui a répandu un modèle unique à l’échelle du monde ― encore que dans notre exemple, Tabassian parle un excellent français, Cissoko, qui est Malien, est donc francophone également, et enfin ce concert a été enregistré à Montréal, en Québec, bastion de la francophonie qui a mis en échec l’hégémonie anglophone : et de fait, c’est bien plutôt le français qui a permis la mondialisation des valeurs et de la civilisation européennes, l’anglais n’ayant accompli, pour sa part et par la suite, que leur dégradation, leur caricature et leur profanation, via la marchandisation ultime et la décadence répandues et incarnées par l’infraculture voire l’anticulture américaine ―, pour le pire et le meilleur : joindre et assembler tout cela, ces cultures et ces traditions (en l’occurrence l’Occident, l’Afrique et la Perse), non pour les dissoudre ― ce qui est le pire : la logique satanique et nihiliste du mélange indifférencié (le métissage), dans la destruction des identités et la négation de toute originalité ― mais pour unir en sublimant les différences et les spécificités de chacun (c’est alors le meilleur : l’Africain, l’Oriental et l’Européen restent ce qu’ils sont, pour justement être en mesure de créer ensemble quelque chose de supérieur) au niveau de la création et de la créativité (et par là de la « culture » en soi et toute entière) qui, quant à elles, relèvent de l’âme, cette dimension de l’être que la modernité a tellement méconnue, ignorée voire combattue et réprimée (La Civilisation des Mœurs de Norbert Elias), et dont le grand retour à l’heure actuelle, retour de flamme et retour en grâce, constitue la postmodernité dans ce qu’elle a de noble et de positif (car il y a bien sûr également une postmodernité négative et vile, qui réside bien plutôt en fait dans une hypermodernité, un paroxysme ultime de modernité aussi caricaturale, morbide et nihiliste que possible, sujet sur lequel je reviendrai aussi). Bref : ce trio black-blanc-beur pour de vrai ― c’est-à-dire spontané et pas fabriqué de toutes pièces à des fins de propagande et de subversion mondialistes, et motivé par la création d’une œuvre commune et non par l’appât du gain et la gloriole ―, et ce formidable concert offrent donc une fulgurante et remarquable illustration, aussi fine et belle et précise et intelligente que possible, de la situation géopolitique, culturelle et gnostique de notre monde à l’heure de l’Apocalypse.

Modernité : âme reniée (dominée, écrasée, refoulée par le mental et la rationalité), postmodernité : âme ressuscitée (dominante et, ce qui est logique, ayant tendance à se venger du mental et de la rationalité en les écrasant à leur tour), transmodernité : âme intégrée ― enfin équilibrée entre le corps, qu’elle transcende, et l’esprit, qui la transcende.

Ce troisième terme, la transmodernité, méconnu et inusité (seul Marc Luyckx en a fait usage de manière un tant soit peu pertinente et cohérente), recouvre en fait, s’il est pris au sens fort et initiatique (et pas au sens faible et profane), un procès gnostique : il marque la transcendance, et donc la fin, de la modernité tout entière, entendue comme le cycle historique qui s’est ouvert au VIe siècle avant J.-C. (cette datation proposée par Abellio est fondamentale et j’aurai l’occasion d’y revenir) : cette fois c’est l’esprit qui opère, transmute et intègre le corps et l’âme ensemble, les unissant à un niveau inédit, supérieur et ineffable de connaissance et d’intelligence, d’ampleur et d’intensité d’être. Autrement dit le moment transmoderne est ultime (et j’ose penser qu’il équivaut rigoureusement au moment résurrectionnel de l’Œuvre au Rouge alchimique) : après lui la tripartition du temps passé-présent-avenir s’efface, fondue et fondée dans une dimension d’atemporalité sans cesse plus intégrante. C’est l’action de l’esprit, ― le domaine spirituel et métaphysique ―, qui achève notre cycle d’humanité et permet le succès de la transition en cours : c’est l’esprit (au sens fort : suprarationel ou supramental, « Esprit saint » et feu du Ciel), qui englobe et intègre l’âme et le corps et qui les accomplit tous deux, en réalisant du même coup les « petits mystères » (lesquels désignent la réintégration de l’état humain primordial « édénique », disait Guénon, soit la plénitude et la perfection de l’état humain dans toute l’étendue de ses possibilités), c’est-à-dire ce que le new age appelle la « 5D », la conscience de cinquième dimension ― ce qui est là une réalité traditionnelle et initiatique tout à fait authentique, quoique le new age n’y comprenne rien ― où passé, présent et avenir sont fondus et fondés dans cet état de simultanéité propre à l’ « éternel présent », à l’ « interdépendance universelle » et à l’ « intersubjectivité absolue » (Abellio), état de simultanéité par lequel Guénon spécifiait le domaine proprement métaphysique de l’Existence, ce qui marque, cette fois, le point d’accès aux « grands mystères », qui désignent les états suprahumains (angéliques et divins), auxquels réfère, chez les physiciens avancés, le concept encore peu exploré (tu m’étonnes) de transdimensionnalité, qui me semble contenir en germe ceux de simultanéité ou d’ubiquité.

Tout cela pour bien dire, ― puisque de toute façon cela nous est bien montré, à charge pour nous de le voir et surtout de le regarder ―, que notre époque est à l’accomplissement des promesses évangéliques et apocalyptiques de nouveaux Cieux et d’une nouvelle Terre ― et donc d’une nouvelle humanité, c’est-à-dire d’un nouvel état de conscience (celui de 5D, justement) ―, promesses maintenues et en voie de réalisation, contre toute apparence, malgré les ravages infernaux du mondialisme satanique et de ses avatars wokistes et transhumanistes (l’hypermodernité dont je parlais juste avant), promesses que les grands historiens du XIXe siècle avaient fort bien perçues, décrites et restituées dans leurs ouvrages, tels Jules Michelet ou plus encore le grand oublié Henri Martin (1810-1883), républicain fort idéaliste, lyrique et inspiré, qui a pu être présenté comme un « naïf qui croit aux rêveries druidiques, aux vertus et à l’infaillibilité du peuple, et à l’avènement de l’âge d’or par la république » et qui a eu, par ma foi, bien raison d’y croire ! Cet excellent résumé de la vision historique d’Henri Martin, par le polémiste Paul Lacroix, nous donne, sous couvert d’ironie, les trois grandes étapes, les trois principaux critères de notre cycle historique, effectivement retenus et bien restitués par Martin dans sa vaste fresque (en seize volumes) de l’histoire française : d’abord, l’héritage des Celtes et de la tradition druidique, inscrit sur le territoire de l’ancienne Gaule et de la future France, comme origine et fondement de notre pays, notre histoire et notre destin ; puis l’action et l’influence du peuple dans l’histoire de France (qui furent en effet bien plus déterminantes et décisives que dans n’importe quel autre pays), et tout ça pour aboutir, avec la Révolution de 1789 et la grandiose flambée impériale de 1804 à 1815, à la fusion-fondation de ce peuple et de ce territoire en nation, aboutissant au modèle ultime et achevé ― issu de vingt à trente siècles de maturation ― de la socialité pour le XXIe siècle, modèle chargé de fournir le cadre, en effet, à l’avènement d’un âge inédit de l’intelligence et de la connaissance. De fait, ni l’Empire (à la romaine, à la carolingienne ou à la napoléonienne), ni l’État civilisationnel, fédéral ou confédéral (à la russe, à l’américaine, à la chinoise ou à l’indienne), n’apportent rien de mieux ni rien de plus à la nation, que ce soit conceptuellement ou techniquement, étant donné qu’ils ne sont en réalité pas autre chose que des nations étendues ou élargies, la France elle-même (ainsi que l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne) pouvant aisément se considérer comme un Empire ou un État civilisationnel confédéral réunissant de multiples pays aux identités différentes : ainsi l’Alsace, la Gascogne, l’Artois, la Catalogne, la Bretagne, la Bourgogne, la Normandie, la Savoie, l’Auvergne, le Berry, la Touraine, l’Anjou, la Provence, la Corse, etc., sont-elles d’abord de leur propre identité avant d’être françaises. Allez dire aux Corses, aux Basques ou aux Catalans qu’ils sont Français, vous comprendrez vite. Ils ne peuvent l’être que dans la seule et unique mesure où ils sont d’abord, surtout et avant tout Corses, Basques et Catalans : cette identité-là est patriotique, c’est-à-dire physique, charnelle et corporelle, émotionnelle et sentimentale ; l’identité française est nationale, c’est-à-dire mentale et rationnelle, et ne peut donc résider que dans la décision et la volonté aussi claires et fortes que possible d’être Français, d’identité et de nationalité françaises. (La nation, faut-il donc le préciser, se spécifie, par rapport à la patrie, par quelque chose de mental, et non plus de sentimental, c’est-à-dire par un projet : elle est une projection, une idée mentale et rationnelle projetée sur l’avenir, un idéal conçu et entretenu pour s’accroître à l’avenir en ampleur et en intensité. Quant à ce projet, il n’est rien d’autre que le projet chrétien, et même en fait christique, puis cathare et templier, puis enfin révolutionnaire et républicain, censé aboutir au modèle du Verseau.) Cela vaut surtout en théorie, car en pratique (sous l’effet du centralisme jacobin hérité de 89), la France est devenue elle aussi une patrie, dont les différences identitaires régionales concourent simplement à définir une identité française patriotique (et pas encore nationale) élargie à l’échelle de l’Hexagone, celle-ci ayant alors pour critères spécifiques la qualité de vie, l’intelligence, la mesure, la finesse et l’élégance, dans tous les domaines : l’architecture, l’art et la littérature, l’agriculture, la viticulture et la gastronomie, l’artisanat, l’industrie et la technologie. La France ? L’art de vivre dans la meilleure mesure possible, c’est-à-dire dans toute la mesure possible. C’est là encore un programme gnostique, c’est-à-dire initiatique et non profane, et un programme christique, et non pas luciférien (comme les franc-mac l’ont si bien compris, dont le luciférisme inavoué, du reste, a depuis longtemps déjà dégénéré en satanisme).

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La farandole des prédictions new age pour la nouvelle année : les mêmes depuis vingt ans. C’est pour quand l’Ascension ? Il va y avoir des morts, des carnages (des « départs en masse », comme ils le disent si jésuitiquement et hypocritement) ? Les sauveurs venus des étoiles vont-ils enfin débarquer ? Perte de temps sèche : les réponses, toujours les mêmes, toujours floues, vagues et confuses (et donc parfaitement inutiles), ne font que traduire la confusion mentale, le désarroi et l’imposture de celles et ceux qui se prêtent à ce jeu de dupes. (J’ai même l’impression que les entités qui répondent aux questions font exprès de ne surtout rien dire de clair et de précis, tellement les questionneurs sont incapables de faire face à de véritables échéances eschatologiques de l’ampleur et de la violence de celles qu’ils font pourtant semblant d’attendre et d’espérer avec tant de fébrile impatience et de juvénile ferveur.) La tradition a toujours été claire (mais il est vrai que les new age, généralement incultes, sont assez fondamentalement anti-traditionnels) : ne cherchez pas à savoir ce qu’il se passera demain, occupez-vous d’aujourd’hui, ― occupez-vous de votre situation présente, là, ici et maintenant. Seul compte de savoir ce que je veux qu’il se passe. (La seule question qui vaille : que veux-tu ?) Les new age devraient pourtant bien être courant, depuis le temps qu’ils ânonnent ce slogan : c’est ici et maintenant que ça se passe, que tout se passe. Savoir ce qu’il va se passer ? Fausse question, stupide et vaine (piège de l’ego et ruse du diable, qui prend le présent en otage) : si tu veux jouer le jeu à fond et pour de bon, alors n’espère rien et tiens-toi prêt à tout, surtout au pire. Prépare-toi donc, en tout cas, à faire ton deuil de ce monde que tu souhaites soi-disant voir disparaître, assume donc tes aspirations à en finir avec ce système politique, économique et social, bouge-toi le cul, occupe-toi de ta vie et… les fausses questions arrêterons de se présenter à toi (tu n’en auras juste plus rien à foutre). Alléluia !

La petite marchande du temple new age, vendeuse de rêve bidon pour gamins attardés et adultes sinistrés. Un seul exemple de cette vaste foire au foutage de gueule pseudo-spirituel : l’une de ces greluches de la spiritualitude, joyeuse pintade new age et vulgaire attachée de com’ de l’ « Ascension » façon CIA, de celles que j’appelle les pom pom girls de l’Apocalypse (yes we can !), la petite Aurore Roegiers, ne fait, dans sa « Guidance 2024 », que répéter les mêmes choses que tant d’autres ont déjà dit mieux qu’elle depuis toujours : sachez ce que vous voulez, sachez quels sont les obstacles à ce que vous voulez, et basta ya. (Et encore ne s’agit-il ici que de ’’développement personnel’’, ce qui n’a rien à voir avec la spiritualité : il y est surtout question d’expansion et d’abondance, deux mots clefs relevant du champ sémantique propre au capitalisme et au libéralisme, ce qui montre bien qu’on a surtout à faire à un bizness de gosses de riches.) Bref : pour quelqu’un qui sait ce dont il parle, ça prend cinq minutes, exemples inclus ; pour quelqu’un qui fait commerce de parler pour ne rien dire, ça prend presque une heure. (« Mes guides m’ont dit de vous dire de boire de l’eau et de marcher pieds nus », osent fanfaronner ce genre de connasses. À moi, mes guides me disent d’arrêter de consacrer du temps à des merdes pareilles : mais identifier ces daubes et les décrire pour ce qu’elles sont, cela fait partie de mon boulot, parce qu’une grosse ruse du diable se planque derrière la vaniteuse platitude de ces imbéciles qui pérorent et jacassent à tort et à travers en jouant à la grande prêtresse et en s’imaginant être utiles, et parce que profiter ainsi de la déshérence et de la crédulité de son prochain pour s’offrir une quelconque consistance, ce n’est pas chrétien, ni français, ni gnostique : c’est minable, c’est pharisien et c’est new age ― et ça va mieux en le disant. Pour avoir un bon aperçu de la supercherie new age, on pourra consulter le débunkage en règle qu’un certain Jaime a consacré, il y a un an, à la pauvre Lucile Houssin, dite sans rire Lulumineuse, alors qu’en l’occurrence, c’est plutôt sombre.) On me rétorquera qu’il est toujours utile de répéter encore et sans arrêt les mêmes vérités, à quoi je ferai remarquer que la répétition agit de manière mécanique alors que la vérité, qui agit de manière organique, ne répond certes pas à un critère de quantité (comme la répétition du message) mais à un critère de qualité (comme l’intelligence du message). Et avec des potiches qui se font parasiter par n’importe quelle merde astrale sans se poser la moindre question, il ne faut pas trop compter sur l’intelligence. En somme on a ici à faire, soit, au mieux, à de sincères abruties et idiotes utiles de Satan, soit, au pire, à l’équivalent des marchands du temple, et c’est alors à coups de fouet dans la gueule que leur question doit donc se régler. (Fouet de plasma solaire, je précise…) (Et dans le cas de Lucile H., c’est pire encore : elle s’est laissée prendre en otage, alors qu’un bon exorcisme eût sans doute pu, et pourrait encore, la délivrer de cette tragicomédie.) En attendant je souhaite une belle, vibrante (pardon : vibrale) et cataclysmique année à celles et ceux (mais surtout celles, en l’occurrence, allez savoir pourquoi) qui se permettent ainsi d’exploiter, dans la joie et la bonne humeur, la peur du lendemain pour se faire leur beurre, se faire plaisir et se sentir exister !