Comment les États civilisationnels ont vaincu le « nouvel ordre mondial »

par | lundi 10 avril 2023 | Actu / Inactu

La France découvre à peine le concept d’État civilisationnel (civilization-states) que la politologie anglo-saxonne explore depuis plus de dix ans déjà (non sans mauvaise foi cependant, comme nous le verrons). Il s’agit du nom géopolitique des grandes entités ethno-culturelles qui sont en train de ruiner le projet israélo-américain et otanesque du « new world order » : la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran, la Turquie, voire le Brésil, prétendant également au titre d’État civilisationnel. Prenant le pas sur l’État-nation, l’État-civilisation s’impose d’ores et déjà comme l’acteur géopolitique principal du XXIe siècle.

Sans surprise, ce concept repose sur la principale réalité humaine, et tire sa force de la réalité humaine essentielle, basique et vitale, que l’universalisme occidental a toujours combattue et refusée : l’identité. Laquelle ? L’identité ethnique et l’identité culturelle, l’une n’allant pas sans l’autre : elles sont indissociables, comme les deux faces d’une même pièce. L’identité ethnique (manière atténuée de parler de race, en vérité) inclut le critère biologique et génétique (ainsi qu’épigénétique, d’ailleurs, à travers l’influence du milieu naturel sur les gènes des individus, particulièrement étudiée par les Russes) tandis que l’identité culturelle découle de la première — dans le sens où n’importe quelle ethnie n’accouche pas de n’importe quelle culture. C’est pourquoi Milan Kundera pouvait définir la culture comme « la mémoire du peuple, la conscience collective de la continuité historique, le mode de vivre et de penser » propre à chaque pays, chaque peuple, chaque culture et chaque communauté, puisque la mémoire, à proprement, techniquement et rigoureusement parler, est inscrite (sous la forme de schémas géométriques subtils) dans le patrimoine génétique, se répartissant de manière fractale à travers les molécules d’ADN de nos milliers de milliards de cellules. Bref : la culture, l’identité culturelle, est le dernier rempart sur lequel le tsunami mondialiste, après avoir submergé et ravagé l’Europe, est en train de se briser. C’est aussi le moment de rappeler (et de saluer) la mémoire de Jacques Chirac et de Lionel Jospin pour avoir tenu tête au mondialisme en défendant coûte que coûte l’ « exception culturelle » lors des négociations sur l’AMI (Accord multilatéral sur les investissements) à la fin des années 1990. Ils avaient raison : la culture n’est pas une marchandise — et aujourd’hui les États civilisationnels sont en train d’émerger à l’appui de cette position stratégique : on ne touche pas à la culture.

Il y a dix ans, à l’époque où le mot « race » a été supprimé de la Constitution de la Ve République, se répandit aussitôt dans la presse et l’édition le discours ethnique et racialiste, pour ne pas dire franchement raciste, du courant « décolonial » et « indigéniste » (qualifié depuis d’ « islamo-gauchisme ») : cette coïncidence n’a sans doute pas eu grand-chose de fortuit. Aujourd’hui, c’est le retour du refoulé identitaire, à l’échelle de la planète entière cette fois, auquel nous sommes en train d’assister. Et surtout, sans désir de vengeance. De son côté la République maçonnique meurt d’avoir détruit la culture française — dans quel autre pays du monde des ministres et des chefs d’État proclament-ils à tour de rôle qu’il n’y a pas de culture ni d’identité nationale ? — pendant que les États civilisationnels, peu attirés par les charmes du multiculturalisme occidental, entendent maintenir leur cohérence et leur intégrité.

Il y a longtemps déjà, quasi cent ans, que les grandes cultures du mondes attendent le moment de se redresser face à la dictature militaire et bancaire libérale et mondialiste. L’heure est venue !

« Les États civilisationnels, résume Alain de Benoist 1, opposent à l’universalisme occidental [désormais épuisé, abattu et dépassé] un modèle où chaque ensemble civilisationnel est considéré comme ayant une identité distincte [et inaliénable], aussi bien dans le domaine des valeurs culturelles que dans celui des institutions politiques, une identité qui n’est réductible à aucun modèle universel. » Un État civilisationnel incarne une culture, une histoire, une tradition et des valeurs « non négociables », en reconnaissant la même dignité à toutes les autres cultures de la Terre. Conséquence logique d’un constat d’évidence (que le grand juriste Leo Strauss avait ainsi formulé 2 : « il n’est pas d’être humain ni de groupe humain qui puisse gouverner l’espèce humaine tout entière avec justice ») : aucune culture ne peut prétendre exercer sa propre justice sur les autres.

Au forum de Davos, en Janvier 2021, Xi-Jiping déclarait : « De même qu’il n’y a pas deux feuilles dans le monde qui soient identiques, aucune histoire, aucune culture, aucun système social n’est identique à un autre. Chaque pays est unique dans tous ces domaines, et aucun n’est supérieur à un autre. Il n’y a pas à s’inquiéter des différences, mais bien plutôt […] des tentatives d’imposer une hiérarchie entre les civilisations ou de forcer certaines d’entre elles à s’aligner sur une autre en matière d’histoire, de culture ou de système social. » Pour déclarer ceci à la face des chefs du « nouvel ordre mondial », il faut en avoir les moyens. Car si l’on s’en inquiète, de ces tentatives hégémoniques, c’est que l’on se tient prêt à s’en prémunir et à s’en protéger. Et comme la meilleure défense, c’est l’attaque… De fait, treize mois après la déclaration de Xi-Jiping, la Russie entamait son « opération spéciale » destinée à détruire l’appareil militaire et politique installé par l’Otan en Ukraine. Pour la première fois, un État civilisationnel a frappé le premier. Le camp mondialiste a perdu l’initiative. Et il ne la retrouvera pas.

La dynamique panafricaine — que le colonel Kadhafi a payé cher pour avoir voulu mettre en oeuvre — nourrit et soutient la logique civilisationnelle en cours. Voici enfin la décolonisation, pour de bon.

Où en est donc l’Europe, là-dedans ? Nulle part. Au point mort : « l’Europe, déplore Alain de Benoist, n’est pour l’instant qu’un espace neutralisé où s’affrontent des conceptions civilisationnelles opposées ». C’est abusif : il n’y a pas d’État civilisationnel occidental (ni américain ni européen), puisque le modèle occidental ne fait en l’occurence que détruire les cultures et les identités, alors que les États civilisationnels au contraire en tiennent compte et se battent pour qu’elles soient respectées. (Ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de « conception civilisationnelle » occidentale, puisque le modèle libéral et mondialiste anglo-saxon n’a pu exister qu’en reniant et en détruisant ce qui fonde et constitue justement une civilisation : l’idée même d’héritage (identitaire, communautaire, culturel et historique), vécue de manière purement négative, non seulement comme soumission au passé mais comme aliénation au passé. Aussi est-ce plutôt, à la limite, d’ « anticivilisation » qu’il faudrait parler à propos de l’ « Occident collectif ».) Aussi est-ce au combat entre d’un côté l’universalisme occidental (ou mondialisme) et de l’autre côté l’État civilisationnel russe, que l’Europe sert effectivement de théâtre en ce moment, malgré elle et à son corps défendant, depuis longtemps déjà, et pas seulement depuis le début de l’opération russe en Ukraine. Une fois celle-ci menée à terme, du reste, la contradiction, dans les pays d’Europe, entre le peuple et le gouvernement (et celle entre légalité et légitimité) pourra se résoudre par l’institution politique du peuple, c’est-à-dire la mise en œuvre effective et concrète de la souveraineté populaire (à travers, encore une fois, des outils comme le RIC et le tirage au sort).

Le but est que soit neutralisée, à son tour (et pour de bon), la petite maffia mondialiste encore en place dans les pays européens (à commencer par le nôtre, où elle est particulièrement féroce et acharnée), et que les leviers de pouvoir, qui sont entre ses mains, reviennent aux mains des peuples. Alors l’État civilisationnel européen pourra naître. Car entre-temps les peuples ne sont pas restés les bras croisés ni sans initiative : les pistes d’action ne manquent pas, les compétences non plus. Avec, pour ce qui concerne la France, un objectif parmi d’autres à remplir : faire en sorte, en actualisant l’héritage des Lumières et de la Révolution française, d’être ce « phare juridique et institutionnel historique », comme l’écrit Valérie Bugault 3, qui « donne à nouveau le bon exemple au monde entier ». Comme nous l’avions fait, il y a cent trente ans, en inscrivant le précepte évangélique de ne pas faire aux autres ce qu’on ne veut pas qu’ils nous fassent, à l’article 6 de la Constitution du 24 Juin 1793.

Ce sera aussi l’occasion de s’apercevoir — et quel salutaire constat ce sera là ! — que les Russes et les Chinois sont déjà en train de conduire leurs relations internationales à partir de ce précepte-là. Dès lors, nous changeons de paradigme géopolitique : il n’est plus question de compétition pour la domination (la lutte pour la vie et le droit du plus fort, à quoi se réduit toute la pensée politique libérale), mais comme le disent les Russes et les Chinois depuis plusieurs années, de coopération pour l’épanouissement de tous. (« Le changement, c’est maintenant », comme fanfaronnait le pantin mondialiste Hollande en 2012. Tu l’as dit, bouffi ! Sauf que là, c’est pour de vrai.)

La célèbre cavalerie scythe, ancêtre de la chevalerie européenne médiévale. L’apogée des Scythes va du VIIe siècle avant J.-C. jusqu’à la fin de l’Antiquité. Les Wisigoths, en Gaule et en Ibérie, seront leurs descendants et successeurs au Moyen Âge européen.

Enfin, longtemps avant les Lumières du XVIIIe siècle, c’est dans l’idéal chevaleresque du Moyen Âge que la culture française et l’identité culturelle européenne ont leur cœur. Et « Un chevalier, qu’est-ce que c’est ? — C’est un homme qui se bat pour Dieu, pour les faibles, pour la justice, et pour l’honneur. » (René Barjavel, L’Enchanteur.) Si l’on voulait aller jusqu’au bout, il y aurait du coup une dernière question à se poser : d’où vient la chevalerie… ? Et là, surprise : pas de bol, elle n’est pas européenne (géographiquement, du moins). Elle vient de Perse : l’origine de la chevalerie est persane. Ni romaine ni germanique, comme le croient la plupart des historiens : orientale ! (Voir en particulier l’excellente Épopée chevaleresque de Paul Arfeuilles.) Le modèle de la chevalerie médiévale est apparu dès la plus haute antiquité chez les Mèdes, les Massagètes, les Sarmates et les Scythes, dont les cavaliers formèrent les troupes de choc des armées impériales perses, assyriennes et babyloniennes — au sein de ce qui fut les premiers États civilisationnels de l’Histoire. En Europe, les Gaulois et les Grecs, les Romains et les Germains les imiteront par la suite, et leurs ultimes descendants seront les Wisigoths (véritables fondateurs de la civilisation européenne du Moyen Âge), dont la cavalerie lourde emportera d’ailleurs la décision lors de la phénoménale bataille des Champs Catalauniques face aux Huns d’Attila (451) — et desquels proviendra également le fameux combat en duel judiciaire, rituel d’honneur qui sera finalement interdit au XVIIe siècle par Richelieu, qui fut quant à lui (et la congruence est significative) l’un des pires ennemis de l’esprit chevaleresque et l’un des pires dictateurs que la France ait connus.

En outre, du reste, si les Perses ne sont pas des Européens au sens ethnique, ils le sont au sens culturel (Zarathoustra fait partie du patrimoine spirituel européen, dont l’influence persistera jusque chez les cathares médiévaux), tandis que Mèdes, Scythes, Sarmates et Goths n’étaient pas européens au sens géographique (leur foyer d’origine fut les hauts plateaux du Pamir, sur les contreforts de l’Himalaya) mais ils l’étaient au sens ethnique. En revanche, sur le plan culturel, ils furent davantage nomades que sédentaires, et c’est là qu’il faut chercher le véritable différentiel identitaire de l’Europe, car la culture européenne porte le double héritage de la tradition nomade (incarnée par Abel) et de la tradition sédentaire (incarnée par Caïn), dans des proportions qui sont elles-mêmes significatives de l’évolution stratégique et historique générale de l’Europe et de l’Occident. (Voir le chapitre XXI sur « Caïn et Abel » du Règne de la Quantité de Guénon.) Enfin, pour être à peu près complet, il faut ajouter que la chevalerie s’est constituée, en Europe, en lien direct avec la Quête du Graal, qui n’a rigoureusement rien de catholique ni de romain, et dont Guénon a plusieurs fois souligné l’origine celtique et druidique. (J’aurai l’occasion d’y revenir une prochaine fois.) Quant aux fameux Templiers, — immortel modèle de la chevalerie idéale, à la fois guerrière et initiatique —, et sur lesquels règnent encore tant d’erreurs et de confusions, il faut se rappeler aussi que Fabre d’Olivet les avait désignés comme les gardiens de… l’Agartha. (Fin de l’aparté.)

La femme scythe est aussi chevalière. L’égalité homme-femme, c’est aussi une exception culturelle européenne, aussi bien chez des nomades comme les Scythes que chez des sédentaires comme les Celtes.

Comme il fallait s’y attendre, la question des origines est complexe — à tout le moins comprend-elle plusieurs facteurs (spatiaux et temporels, naturels et culturels, innés et acquis) qui se croisent et se dialectisent — mais une identité saine et sereine, épanouie (« dépassionnée », comme il se dit) est au prix de cette clarification et de cette assumation (qui n’est pas revendication et qui consiste justement à en finir avec la revendication). Il s’avère que les Russes, les Chinois, les Indiens, les Iraniens et les Turcs s’y sont déjà livrés : il est donc temps pour les Européens de s’y mettre à leur tour. De la maîtrise des origines, en effet, découle évidemment la maîtrise du présent.

Voilà sans doute ce qui explique le propos fort négatif des observateurs anglo-saxons sur les États civilisationnels. Pour eux, il semble que l’attention, le respect, l’amour et la révérence portés au plus lointain passé historique et culturel, ne soient que délire puéril ou malsain, vaine absurdité, crispation pathologique. De la part d’une culture qui se fonde en effet sur le mépris de la culture, ce n’est pas étonnant 4. L’est davantage le fait que les Anglo-saxons aient encore assez d’arrogance et de vanité pour se permettre de prendre les Russes et les Chinois de haut quand on voit le stade inédit de dégénérescence auquel est arrivée leur propre société. Cela montre à tout le moins que le point de rupture est atteint : l’avènement des États civilisationnels consacre la déchéance de l’État totalitaire mondialisé que les Anglo-saxons ont essayé d’imposer depuis ces dernières décennies par la dictature militaire (à travers l’Otan) et la dictature financière (à travers la Banque mondiale et le FMI). (Le « nouvel ordre mondial » est terminé, comme l’a déjà dit Vladimir Poutine.) Et cela montre aussi ce qu’est désormais (et ce qu’a toujours été en réalité) le vrai nerf de la guerre : la culture et l’identité culturelle — l’héritage et le patrimoine, le mode de vie et de pensée de chaque peuple et de chaque pays, inaliénables, intangibles et sacrés, que l’on nomme culture. Or à force de salir et d’insulter les cultures, de détruire et de supprimer toute forme de culture, le libéralisme et le capitalisme anglo-saxons sont désormais rejetés en bloc : condamnés — et exécutés. Car enfin, comme le souligne Alain de Benoist, « les États civilisationnels ne défendent pas la civilisation, mais leur civilisation 5 » — et ils la défendent sans prétendre l’imposer à quiconque. C’est là encore une rupture de niveau et un saut paradigmatique, un véritable saut qualitatif de conscience et de mentalité : au lieu de défendre les droits de l’homme, en général, ils défendent les droits de l’homme de Russie, de Chine ou d’Iran — en application de cet autre imparable précepte évangélique : charité bien ordonnée commence par soi-même. Voilà bien pour finir ce qui échappe aux Anglo-saxons — défendre la culture ? mais pour quoi foutre ? ça coûte cher et ça rapporte rien ! — et à quoi ils n’ont rien d’autre à répondre que de minables sarcasmes.

Exemple avec un certain Christopher Coker (auteur de The Rise of Civilisationnal State en 2019 6) : « le peuple russe aspire toujours à une identité et à un rôle dans le monde dont il puisse être fier. [Et alors ?] Et ce désir est motivé par le sentiment de vouloir une place dans le monde. Les Russes veulent toujours se faire remarquer » ! Voilà où en est l’ « analyse » géostratégique libérale et anglo-saxonne : un concours de biceps. La cour de récré. La géopolitique ramenée au m’as-tu-vuisme et au snobisme les plus vulgaires : se faire remarquer ! Idéal de blaireau, de branleur — bref, de bourgeois. Or l’idéal qu’incarnent les États civilisationnels semble davantage pouvoir se rattacher à celui du gentilhomme et de l’esprit courtois. « Au cap des sept cents ans », c’est maintenant.


1 – « L’heure des États civilisationnels : vers un nouveau Nomos de la Terre », Éléments n° 201, Avril-Mai 2023, pp. 72-75.

2 – Droit naturel et Histoire, 1954 (éd. Flammarion, 1986, p. 139).

3 – Ici : https ://revoludroit.fr/exemples/

4 – « Crise occidentale et impasse du libéralisme sont synonymes » : « résoudre la crise, et donc sortir de l’impasse, suppose d’identifier la faille structurelle du libéralisme » (Frédéric Saint-Clair, « La logique civilisationnelle appelle un nouveau paradigme », Éléments n° 201, p. 81). Cette faille, c’est le mépris de la culture. Quand les individus et les peuples européens en auront marre de se laisser cracher à la gueule par la maffia libérale, nous pourrons passer à autre chose. Les États civilisationnels l’ont déjà fait.

5 – De fait, seuls les libéraux ont pu s’imaginer que leur civilisation de marchands de tapis se confondait avec la civilisation tout court, la civilisation par excellence, non seulement la meilleure mais la seule et unique possible. Il y en a qui vont avoir un réveil pénible.

6 – Entretien publié dans Éléments n° 201, pp. 76-79. Coker, sans rire et sans honte, conclut que les États civilisationnels « doivent continuer à être tenus responsables, non seulement de leur bilan en matière de droits de l’homme, mais aussi de l’interprétation controuvée de leur propre histoire et culture ». Ainsi cet arrogant et infatué paltoquet se permet de dire aux Russes et aux Chinois ce qu’ils doivent penser de leur propre histoire. On les entend rigoler d’ici. Quant aux droits de l’homme, ce Coker ne semble pas avoir entendu parler du génocide perpétré en Amérique par ses ancêtres libéraux. En vérité les Occidentaux n’ont aucune leçon à donner à personne, tant leur passif est lourd, et ce genre de rodomontade ne fait en général que traduire le désarroi. Derrière la morgue et l’ironie, l’indicible aveu d’échec.