Mondialisme : critique historique et philosophique

par | lundi 12 décembre 2022 | Actu / Inactu

12-12-2022

Mondialisme : l’hypocrisie catholique

Heurs et malheurs du projet christique, des Wisigoths à Cluny et aux Templiers

Une critique utile et nécessaire du mondialisme a été fournie par des auteurs catholiques militants comme Pierre Hillard et Marion Sigaut, ou Hervé Ryssen, et d’autres. Une critique nécessaire mais insuffisante et limitée par une contradiction rédhibitoire.

Les catholiques intégristes affichent une tendance infantile dans la mesure où, d’une part :
ils rejettent en bloc le luciférisme (révolutionnaire, républicain, marxiste, socialiste, communiste, anarchiste) en le taxant de ’’satanisme’’, alors que l’étape luciférienne est nécessaire à la constitution intégrale de l’individu et fait partie du processus initiatique que les chrétiens connaissaient lors des trois premiers siècles (où le christianisme était gnostique), jusqu’au concile de Nicée en 325 qui inventa de manière dogmatique (intellectuellement aberrante) et qui imposa par la force un christianisme fabriqué de toutes pièces par les pharisiens au service de l’empereur Constantin pour unifier l’Empire ;
et d’autre part, ils sont incapables d’admettre le satanisme inhérent à l’Église catholique romaine — si le satanisme repose sur le mensonge et la division, qu’a fait d’autre l’Église romaine sinon mentir et diviser pour mieux régner (en excluant, en persécutant, en exterminant ceux qui n’adhéraient pas à ses mensonges) ? — et où ils sont incapables d’admettre que l’église catholique romaine a toujours été un pilier du mondialisme. Eh oui : les catholiques ne sont antisémites que parce que les Juifs — certains Juifs : talmudistes et sionistes — leur ont pris la place de « leader » mondial et ont repris à leur compte le projet d’hégémonie mondiale que l’Église catholique avait d’abord poursuivi pour elle-même.

L’hypocrisie le dispute à l’ignorance et à la bêtise pures et simples quand un Pierre Hillard se permet d’assimiler l’Ordre du Temple (les Templiers) à la « Goldman-Sachs du Moyen Âge » et de féliciter Philippe IV le Bel pour avoir abattu et persécuté les Templiers, car c’était là, n’est-ce pas, une juste et bonne mesure chrétienne et patriotique contre une menace impérialiste et mondialiste. Il faut vraiment ne rien connaître aux Templiers, à leur histoire et à leur projet pour proférer semblable saloperie : La vérité est que les banksters mondialistes, l’équivalent de Goldman-Sachs et de Rothschild au Moyen Âge, c’était l’Église catholique romaine. De son côté le Temple avait le projet d’une Chrétienté universelle d’inspiration proprement mariale, vivifiée par la Gnose (tant méridionale avec la Kabbale hébraïque, que septentrionale avec la tradition odino-runique), exprimée dans l’architecture gothique, et ordonnée à la réalisation des individus, chacun dans son ordre et à sa mesure : une communauté gnostique à l’échelle européenne (éventuellement étendue à l’Orient de concert avec les initiés musulmans qui partageaient le même projet) : une société idéale, véritable « cité de Dieu » sur Terre, et non plus seulement chrétienne mais christique.

Le projet satanique inverse, tour à tour impérialiste, totalitaire et maintenant mondialiste, sera poursuivi par les rois de France et la république maçonnique, à la suite et à la place de l’église romaine : de l’Empire romain à l’Église romaine, et du royaume de Clovis à la République maçonnique, coloniale et impériale, c’est le même État (d’abord romain puis parisien mais toujours l’État pharisien), le même projet, le même but, non pas luciférien mais satanique (car Lucifer aspire à restaurer la divinité de l’humanité, tandis que Satan s’acharne à la nier).

L’hypocrisie et la stupidité catholiques sont flagrantes aussi chez une Marion Sigaut quand elle prétend que Philippe IV le Bel a détruit les Templiers parce qu’ils pratiquaient soi-disant des messes noires sataniques avec viols, tortures et assassinats : cette soi-disant historienne ne semble pas être au courant que l’entourage immédiat de Philippe le Bel était composé de dominicains (le propre confesseur du roi était un dominicain), les inquisiteurs, la Gestapo du Moyen Âge, fanatiques de la secte romaine qui haïssaient les Templiers pour la même raison qu’ils ont haï et génocidé les Cathares. Derrière les uns comme les autres, du reste (cathares et templiers), c’étaient les Goths, les Wisigoths, chrétiens ariens et odiniens, kabbalistes et alchimistes, véritables dépositaires de l’autorité spirituelle en Occident (à l’image de Guillem de Gellone à l’époque de Charlemagne), que la maffia romaine s’est toujours acharnée à persécuter. (En gros l’église exotérique de Pierre s’est acharnée sur l’église ésotérique de Jean.) Ainsi n’est-il pas venu à l’idée de Mme Sigaut que les dominicains de l’entourage du roi n’avaient fait que répandre les pires calomnies sur les Templiers pour manipuler ce dernier (qui était par ailleurs un bigot psychorigide lui aussi) et mieux l’inciter à les détruire en les accusant d’atrocités qui sont, aujourd’hui, monnaie courante dans toute l’église catholique, depuis des siècles. Comment est-ce que cette grenouille de bénitier peut accuser sans preuve les Templiers de pédocriminalité sans dire un mot sur la pédocriminalité endémique et systématique, largement prouvée, de l’église catholique ? Et elle ose se prétendre chrétienne ?

C’est la même chose avec l’antisémitisme catholique : les catholiques antisémites reprochent aux Juifs d’avoir fait ce que l’église catholique a toujours voulu faire (et qu’elle a commencé à faire avant que les banquiers capitalistes prennent le relais et poursuivent le même projet à sa place) : écraser le monde et les peuples sous un pouvoir totalitaire satanique. Les cathares l’avaient déjà dit, ils avaient raison et ils ont été exterminés pour l’avoir montré : l’église romaine c’est la synagogue de Satan.

Ainsi quand il décrit le projet sioniste-mondialiste, Hervé Ryssen (Les Guerres eschatologiques) constate que « la lecture systématique des intellectuels juifs montre qu’il existe entre eux un dénominateur commun : tous, sans aucune exception, encouragent l’instauration de la société ’’plurielle’’, ’’multiethnique’’ et ’’multiculturelle’’… sauf dans l’Etat d’Israël, bien entendu ». Et de citer le rabbin Jacob Kaplan : « pour le juif croyant, abolir le racisme et préparer l’avènement de la fraternité humaine, c’est mettre en pratique la doctrine biblique de l’unité du genre humain ». Un idéal luciférien mis en œuvre de manière satanique (en niant la réalité). Pour un autre rabbin, Baruch Efrati, « les juifs devraient se réjouir que l’Europe chrétienne soit en train de perdre son identité, à titre de punition pour ce qu’elle nous a fait pendant des siècles » : « nous ne pardonnerons jamais aux chrétiens d’Europe d’avoir égorgé des millions de nos enfants, de nos femmes et de nos vieillards ». Il est stupide, en effet, de refuser de pardonner, mais qui a persécuté les juifs, si ce n’est les rois catholiques ? Et ce projet d’unité humaine mondiale, n’est-il pas au cœur du message chrétien, le vrai, celui de la fraternité ? Celui qu’ont essayé de mettre en œuvre les bénédictins de Gothie et de Cluny, puis les Templiers ? Et maintenant que ce message a été assez corrompu, par des siècles de trahison catholique, pour servir de prétexte au projet totalitaire mondialiste, est-il bien logique de reprocher aux juifs de faire ce que les catholiques ont fait avant eux : conquérir et dominer les peuples pour effacer leur ancienne culture et leur imposer une autre société ? Les catholiques antimondialistes et antisémites font la même chose qu’ils reprochent aux juifs : l’inversion accusatoire.

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Voici donc, pour rétablir un tant soit peu la réalité, un extrait d’un excellent entretien de Raymond Abellio effectué en 1982 et publié en 1989 dans la revue Krisis (n° 4) sous le titre « Puissance, connaissance et histoire invisible ». Abellio y évoque le soubassement historique méconnu de son « communisme sacerdotal », cette vision idéale d’un christianisme accompli, dont il a rêvé lui-même dans sa jeunesse et qu’il a mis en scène dans ses romans.

« J’évoque cette question dans Visages immobiles [son dernier roman paru en 1983] en mettant face à face un prêtre communiste occidental, Domenech, et un vieux padre sud-américain. Domenech, qui est un défroqué et un type assez simple au point de vue philosophique, parle du communisme sacerdotal qu’il voudrait voir s’instaurer dans l’avenir. Le vieux père, qui est plein de sagesse, lui dit que ce rêve est utopique, car le communisme sacerdotal a déjà existé en Europe, mais que l’Europe n’a pas su saisir cette chance. Et il lui demande : ’’À votre avis, quand a eu lieu l’apogée du christianisme occidental ?’’ Ancien élève du séminaire, Domenech lui répond en évoquant l’époque de Thomas d’Aquin, d’Albert le Grand, de saint Bonaventure, des grandes discussions entre dominicains et franciscains, etc. Alors le padre s’exclame : ’’Vous vous trompez complètement. En bon universitaire, vous me parlez encore d’une époque de palabres ! En réalité, la période la plus grandiose de l’histoire du christianisme se déroule aux alentours de l’an mil.’’ Et il lui raconte l’histoire de sainte Adélaïde et de ces trois centres essentiels de connaissance et d’enseignement initiatique que furent le couvent d’Argenteuil, le monastère de Cluny et l’école biblique de Laon.

Nous sommes alors vers 950. Adélaïde, jeune veuve d’un roi des Lombards probablement assassiné par un stipendié de la banque lombarde, la future ’’sainte Banque’’, est enfermée à Canossa, d’où elle est délivrée par le roi Othon de Germanie, qui l’épouse. Peu après, Othon fonde le saint-Empire romain-germanique. Commence alors une période étonnante, où Othon fait et défait les papes, refoule les Slaves et les Ottomans, et devient l’arbitre de tous les conflits aussi bien politiques que spirituels. L’empereur, en même temps, est en relation directe avec toutes les communes. Or, Cluny est la première commune d’Europe, et l’on assiste à ce moment-là à l’essor de tout un système communaliste chrétien, autogestionnaire avant la lettre, qui se passe de tous les intermédiaires possibles, à commencer par les fonctionnaires et les banquiers. En 973, à la mort d’Othon le Grand, Adélaïde, qui va continuer à administrer l’empire jusqu’à la fin du siècle, parcourt toute l’Europe en compagnie de l’abbé de Cluny, Odilon, avec qui elle vit de façon maritale sans que cela choque personne. Le célibat des prêtres n’était pas encore obligatoire ! Partout où elle se rend, le système communaliste de Cluny fait école. C’est elle aussi qui fait élire pape l’extraodinaire Gerbert d’Aurillac, qui fut l’un des disciples de l’école de Laon. » [Note : Adélaïde a été canonisée en 1097 par le pape Urbain II, qui a lancé la « première croisade » l’année d’avant… Manière d’honorer la cause et d’implorer le soutien d’une souveraine qui a vraiment œuvré pour un christianisme accompli à travers ce « communalisme chrétien » élaboré à Cluny et répandue par elle dans son empire… idéal chrétien que le pape et les banquiers s’apprêtaient à trahir en allant défoncer la Palestine ?]
On a donc à faire à une princesse initiée, une Gothe de lignée royale et sacerdotale, qui soutient et diffuse le « communalisme clunisien », ce modèle d’un christianisme accompli et porté en l’occurrence par les Goths à travers la propre descendance directe de Guillem de Gellone.

De fait, le monastère de Cluny a été fondé le… 11 septembre 909 (!), par Guillaume d’Aquitaine, marquis de Gothie, fils de Bernard II d’Auvergne (841-886) dit Plantevelue (en référence aux fourrures que portaient les Wisigoths), comte d’Auvergne, qui était fils de Bernard de Septimanie (804-844), duc de Septimanie, comte de Barcelone, comte de Toulouse et comte d’Autun, qui était fils de Guillem de Gellone, duc et comte d’Aquitaine, d’Auvergne, de Toulouse, de Narbonne et de Barcelone, qui était lui-même le fils d’un patriarche babylonien de lignée davidique venu fonder le « royaume juif » de Septimanie, à Narbonne en 759, connu sous les noms de Natronaï, de Makhir (ou Maghario) qui a donné Al-Makhiri ou Ha-Makhiri, c’est-à-dire Aymeri de Narbonne, et sous le nom de Todros ou Théodoric, c’est-à-dire Thierry d’Autun. Natronaï a reçu comme épouse Aldane (ou Aude), la sœur de Pépin le Bref, et leur fils sera Guillem de Gellone. Saint Guillaume, véritable « prince initié », roi et prêtre à la façon orientale, grand guerrier à qui Charlemagne remit son épée Joyeuse, héros de nombreuses chansons de geste qui en font un tueur de géants, le vainqueur du diable et le « confesseur du Christ », fondateur (avant d’y mourir) de l’abbaye bénédictine, gnostique et kabbalistique de Saint-Guilhem-du-Désert, sera le précurseur de ce « communisme sacerdotal », ce « système communaliste chrétien » développé un siècle plus tard à Cluny et promu par l’impératrice gothe Adélaïde, elle-même proche de Gerbert d’Aurillac, lui-même proche des prélats goths Miron de Vich et Garin. (L’abbé Garin, qui fut évêque d’Alet, fut aussi l’un des tuteurs de Gerbert d’Aurillac, et avant d’aller étudier à Laon et à Troyes, Gerbert fut aussi l’élève de Miron, l’évêque de Vich, un parent d’Oliba Cabreta, que l’on retrouve avec Garin dans Oliba Cabreta. L’épopée des Wisigoths à l’origine du mystère de Rennes-le-Château, de Marie-Claire Gothuey, 2020.)

« Mais Adélaïde meurt en 999 et la réaction ne se fait pas attendre. Elle sera le fait de la banque judéo-lombarde. En 1030, Baruch le Banquier se fait baptiser et prend le nom de Benoît le Chrétien. Quinze ans plus tard, son fils monte sur le trône pontifical sous le nom de Grégoire VI. Invalidé peu de temps après, il laisse la place au moine Hildebrand, petit-fils de Baruch, né d’un double inceste, que ses amis surnomment ’’saint Satan’’ et qui se fait élire pape sous le nom de Grégoire VII. C’est lui qui convoquera le concile de Latran, lequel changera la loi électorale de la papauté, en supprimant toute ratification par le peuple de Rome, et instituera le célibat ecclésiastique. Là se situe le grand virage. […] À partir de là, tout s’enchaîne : l’humiliation de l’empereur à Canossa, la première croisade, la réforme de Cluny, la fin des communes autogérées. Au début du XIIe siècle, le couple formé par Abélard et Héloïse tentera cependant, mais sans succès, de reprendre l’œuvre d’Adélaïde et d’Odilon. L’histoire est connue. Déjà célèbre à Paris, Abélard va suivre les cours de l’école biblique de Laon, où il devient l’inventeur du mot ’’théologie’’ (avant lui, on parlait seulement de ’’lecture biblique’’). À l’époque, cette école de Laon s’oppose à un enseignement religieux qui, dit Abélard, fabrique soit de pseudo-idéalistes, des chastes complètement impuissants, soit des cyniques qui transposent leur besoin de puissance dans la recherche des dignités ecclésiastiques. Dès 1112, une révolution communale a d’ailleurs éclaté à Laon et l’évêque de la ville a été tué. Six ans plus tard, les nonnes du couvent d’Argenteuil mettent dans le lit d’Abélard une jeune femme d’une intelligence et d’une culture extraordinaires, Héloïse. Vous savez comment tout cela a fini, avec l’émasculation d’Abélard sur l’ordre de l’oncle d’Héloïse, le chanoine Fulbert. Mais cette castration a une résonance surtout symbolique. Elle marque surtout la destruction d’une tentative de synthèse entre la virilité spirituelle de certains êtres et l’organisation communautaire du peuple. À partir de là, l’Église change de visage et passe sous le contrôle du Veau d’Or. »

C’était qui, déjà, la « Goldman-Sachs du Moyen Âge » ?

Une fois contrôlée par la finance mondialiste, l’Église romaine lancera les Croisades (colonialisme et impérialisme déguisés en guerre sainte, tout comme les campagnes terroristes de l’Otan de nos jours), génocidera les Cathares (pour s’emparer de la Gothie et détruire l’héritage wisigothique), laissera tomber les Templiers (puisque les dominicains ont poussé Philippe le Bel à les abattre) et assassinera plusieurs millions de femmes en Europe dans les siècles suivants.
Les milieux de la « banque judéo-lombarde », quant à eux, ont d’abord détourné les Croisades à leur profit (la glauquissime IVe croisade qui a détruit Constantinople en 1204 : terrorisme et pillage, le même impérialisme marchand et militaire que le capitalisme triomphant des XIXe et XXe siècles) avant de créer le capitalisme, à partir de Venise, au tournant du Moyen Âge et de la Renaissance. Ces réseaux, par la suite, la finance mondialiste et satanique, utiliseront d’autres outils et d’autres relais que l’Église romaine pour faire avancer leur projet ; entre autres et en particulier la franc-maçonnerie dite spéculative (lancée en 1717 avec les « Constitutions » d’Anderson en Angleterre) ainsi que l’ordre des Jésuites.

Une maffia qui a finalement gangrené tous les lieux de pouvoir, mais pas les lieux de souveraineté, qui leur ont échappé jusqu’à la fin du cycle, et qui sont demeurés actifs de manière autonome et indépendante de quelque tentative que ce soit d’appropriation ou d’interférence. (Je vais y revenir.) C’est à tel point qu’un haut lieu spirituel comme Notre-Dame de Paris a été incendié de manière criminelle (en avril 2019), par la mafia mondialiste et ses agents ’’français’’, parce que l’action de ces hauts lieux comme la cathédrale leur échappe et que cette action leur est toujours demeurée inaccessible — et ne peut que leur être inaccessible, de même que le domaine spirituel est inaccessible aux tentatives hostiles du domaine psychique (subtil, astral), auquel est limitée l’emprise ’’archontique’’ et ’’démiurgique’’ ou satanique et contre-initiatique (la « matrice », etc.). Comme si, puisqu’ils ne pouvaient pas s’en servir, ils avaient préféré la détruire. Et comme si, au fond, Notre-Dame Elle-même avait laissé faire, ou avait carrément soufflé l’idée aux incendiaires, ne fût-ce que pour rappeler où est « le vrai temple de Dieu » : dans le coeur et « le corps des hommes » (comme disait Bélibaste). Mais voici un petit rappel de Guénon sur la question :
« Ce qu’il y a à envisager, c’est, d’une part, l’esprit de négation et de subversion en lequel ’’Satan’’ se résout métaphysiquement, quelles que soient les formes spéciales qu’il peut revêtir pour se manifester dans tel ou tel domaine, et d’autre part, ce qui le représente proprement et qui l’ ’’incarne’’ pour ainsi dire dans le monde terrestre où nous considérons son action, et qui n’est pas autre chose que ce que nous avons appelé la contre-initiation. […] La ’’contre-initiation’’, elle, n’est certes pas une simple contrefaçon tout illusoire [comme la « pseudo-initiation » des « néo-spiritualistes » et des new age], mais au contraire quelque chose de très réel dans son ordre, comme l’action qu’elle exerce effectivement ne le montre que trop » : « elle imite nécessairement l’initiation à la façon d’une ombre inversée, bien que sa véritable intention ne soit pas de l’imiter, mais de s’y opposer. Cette prétention, d’ailleurs, est forcément vaine, car le domaine métaphysique et spirituel lui est absolument interdit, étant précisément au-delà de toutes les oppositions » : « Suivant la doctrine islamique, c’est par la nefs (l’âme) que le Shaytân a prise sur l’homme, tandis que la râh (l’esprit), dont l’essence est pure lumière, est au-delà de ses atteintes. » Aussi, « tout ce qu’elle peut faire est de l’ignorer ou de le nier, et elle ne peut en aucun aller au-delà du ’’monde intermédiaire’’, c’est-à-dire du domaine psychique, qui est du reste, sous tous les rapports, le domaine privilégié de ’’Satan’’ dans l’ordre humain et même dans l’ordre cosmique ; mais l’intention n’en existe pas moins, avec le parti pris qu’elle implique d’aller proprement au rebours de l’initiation. » (René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, p. 237.)

« Pour le vieux prêtre, termine Abellio, le communisme sacerdotal a donc déjà eu lieu, et il ne reviendra pas, car l’histoire ne repasse pas les plats. Mais Domenech, lui, ne renonce pas. Et peut-être a-t-il raison de s’obstiner. Dans une perspective apocalyptique, qui verrait la destruction de Rome, on peut imaginer que l’Église serait obligée de se trouver une nouvelle capitale. »

Mais certes pas l’Église de Pierre, qui n’existera plus : c’est l’Église de Jean, triomphante, ordonnée au Ciel, structurée par sa prêtrise invisible et basée dans non pas une, mais pléthore de capitales, c’est-à-dire des lieux de souveraineté, des centres spirituels, eux-mêmes coordonnés de manière géométrique (comme ont commencé à le montrer Sylvain Tristan dans Les Nombres des Dieux ou de grands géobiologues comme Georges Prat et G.-R. Doumayrou).
Par exemple :

  • Toulouse, première capitale du royaume wisigoth ;
  • Narbonne, fief de Kabbalistes et de « desposynes » ;
  • Girone, centre kabbalistique ;
  • Barcelone, capitale catalane ;

Et beaucoup d’autres, que ce soit Reims, Chartres, le Mont-Saint-Michel, les hauts lieux mégalithiques (Stonehenge, Glastonbury), le plateau de Gizeh, etc.

J’y reviendrai une prochaine fois.